Les bouteilles plastiques interdites dans le Massachusetts

Concord, dans le Massachusetts, est la deuxième ville du monde à prendre l’initiative d’interdire les bouteilles en plastique. En Australie, une municipalité avait déjà voté la même mesure. Il s’agissait de Bundanoon, 2 500 habitants, en juillet 2009.

Le gaspillage des bouteilles d'eau va t-il enfin s'arrêter ?

Le gaspillage des bouteilles d'eau va t-il enfin s'arrêter ?

Si ces actions peuvent paraitre isolées et encore limitées, c’est une vraie prise de conscience à laquelle nous sommes en train d’assister, et qui annonce, doucement, la mort de la bouteille plastique.

La fin de la bouteille plastique et de ses fabricants

Les embouteilleurs (Vittel, Evian, etc) tentent actuellement de trouver des solutions alternatives à l’interdiction, comme la récupération des bouteilles ou le tri des déchets. Mieux, ils essaient également de réduire l’impact de la bouteille plastique, en proposant un service de livraison à domicile. Evian à, par exemple, lancé le service Evian chez vous, qui propose, à partir de 12 bouteilles, une livraison gratuite à domicile. Un seul produit est proposé sous un seul format afin de simplifier l’approvisionnement et le traitement des commandes. La livraison est planifiée à l’avance et les clients sont regroupés par immeuble ce qui permet d’optimiser les tournées en termes de temps et de coût. Une bonne idée ? Le service est actuellement en test dans le XVe arrondissement de Paris, et pourrait se généraliser à la France entière. Mais il ne reçoit pas un écho très positif dans le milieu écolo. Si ce service répond en effet aux attentes actuelles de gain de temps et de service à domicile (comme par exemple les courses par internet), cela ne limite que partiellement l’impact des bouteilles d’eau en plastique… « Une bouteille qui n’est pas produite aura toujours moins d’impact. Le recyclage, c’est intéressant parce que l’on récupère de la matière, mais cela a un coût pour l’environnement, car ça consomme de l’énergie. Nous, ce que nous demandons, c’est de réduire la production de déchets. Et pour cela, le mieux c’est de boire de l’eau du robinet » explique Nathalie Villermet de France nature environnement, interrogée par Rue 89.

Les fabricants d’eau en bouteille ont compris que cette distribution alternative ne suffira pas pour survivre. C’est pourquoi ils axent leur argumentaire sur la santé. L’eau minérale naturelle d’Evian ou de Vittel, est, par exemple, souvent mise en avant comme « eau naturellement pure et idéalement dosée en minéraux« . Un argument peu utilisé par l’eau du robinet, qui souffre toujours d’une mauvaise image. Une excellente stratégie, décelée très tôt, qui permet aujourd’hui encore de maintenir des chiffres de vente bien au-dessus de nos voisins (nous, Français, sommes de grands consommateurs d’eau en bouteille avec plus de 100 litres par personne et par an). Cette situation ne durera pas éternellement, car les distributeurs d’eau du robinet vont très vite réagir, et eux aussi axer sur les bénéfices sanitaires de leur eau. Le problème de la bouteille plastique va revenir.

La bouteille plastique : un problème moderne

San Francisco, Miami ou Chicago ont déjà arrêté l’achat de bouteilles plastiques pour leurs services municipaux. Pas aussi fort qu’une interdiction totale, ces villes sont pionnières et n’ont pas peur d’affirmer au grand jour que ce marché est arrivé à sa fin, et qu’il faut arrêter de le cautionner. Quelques chiffres suffisent à illustrer la fin de ce secteur : Lorsque vous achetez une bouteille d’eau, 95% du prix est lié à l’emballage, au transport… le prix de l’eau ne représente en fait que 5%. Pire, l’eau en bouteille peut coûter jusqu’à 10 000 fois plus cher que l’eau du robinet si l’on tient compte de l’énergie utilisée pour la mise en bouteille, les livraisons et l’éventuel recyclage des contenants. Et si cela ne vous suffisait pas, de nombreux autres arguments existent pour mettre fin à cette bouteille. Victime injuste de la prise de conscience écologique ? Sans doutes un peu oui, mais le gaspillage écologique et financier est d’un tel ordre de grandeur que la prise de conscience est obligatoire. Au delà de sa pollution (production de la outeille plastique) et de son coût, la bouteille en plastique peut mettre environ 500 ans pour se dégrader totalement. C’est pourquoi celles qui ont la chance d’être récupérées dans le circuit des collectes sélectives sont recyclées ou exportées en Chine, pour qu’ils les recycle ! Un comportement totalement déraisonné !

Audrey Chauvet, sur le site de 20 Minutes, apporte une conclusion que je partage totalement : « L’avenir de l’eau embouteillée dépendra des consommateurs qui feront leur choix, entre eau du robinet et eau en bouteille, pour préserver leur porte-monnaie, leur santé et la planète« . Et vous, vous avez fait votre choix ?

Crédit photo : reUSeable + waterbottlés

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